20ème siècle, Personnages · juin 15, 2026

Antoine Roquentin — personnage de La Nausée de Jean-Paul Sartre

Illustration dramatique d'Antoine Roquentin dans le jardin public de Bouville, personnage de La Nausée de Sartre, style gravure années 1930
Existentialisme — 1938

La Nausée · Jean-Paul Sartre · Gallimard

Antoine Roquentin — personnage de La Nausée de Jean-Paul Sartre

Je n’avais pas le droit d’exister. J’avais apparu par hasard, j’existais comme une pierre, comme une plante, comme un microbe. — Antoine Roquentin, La Nausée

Portrait & identité

Nom complet Antoine Roquentin
Statut narratif Protagoniste-narrateur
Âge Trente ans (1932)
Origine Bourgeoisie éduquée, France
Situation Rentier, historien indépendant
Lieu de vie Bouville (Le Havre fictionnel)

Sartre laisse volontairement dans l’ombre les données civiles de son personnage : ni date de naissance précise, ni origine régionale, ni famille. L’identité administrative ne constitue pas l’essentiel de l’être — c’est déjà une affirmation philosophique.

Description physique

Sartre donne peu de descriptions physiques directes — le roman est un journal intime, et Roquentin ne se regarde que de façon troublante. Dans la scène clé du miroir, il observe son propre visage avec une étrangeté absolue : il ne se reconnaît pas, son visage lui apparaît comme une chose parmi d’autres choses, molle et contingente. De taille moyenne, pas particulièrement séduisant. Ses mains — motif récurrent — le perturbent profondément : il les voit comme des objets indépendants de lui-même, comme des bêtes à sang froid posées sur sa table.

Voix & style d’expression

Le style de son journal est précis, intellectuel, parfois clinique. Il observe le monde avec une rigueur quasi phénoménologique, notant les sensations brutes avant toute interprétation. Ses tics de langage incluent la répétition des mots « exister », « de trop », « contingent ». Son écriture alterne entre notation sèche et envolées lyriques angoissées — celle d’un homme qui pense contre lui-même : à peine a-t-il formulé une idée qu’une perception la contredit.

Psychologie & caractère

Traits dominants

Introverti radical Hypersensible Mélancolique Intellectuel contemplatif Lucidité excessive Solitaire Incapable d’inauthenticité

Roquentin est doté d’une acuité perceptive exceptionnelle qui se retourne contre lui : trop conscient de tout, il ne peut plus jouir de rien sans être assailli par le sentiment de l’absurdité de ce qu’il perçoit. Il est fondamentalement solitaire — non par timidité sociale mais par conviction implicite que le contact avec autrui est source d’inauthenticité.

Contradictions internes

Ce qu’il veut

Exister pleinement, être aimé, être nécessaire, justifier sa présence dans le monde.

Ce qu’il ressent

L’horreur de l’existence, le sentiment radical d’être « de trop » — et l’impossibilité de croire aux histoires rassurantes.

Il méprise les « salauds » — ces bourgeois qui se croient nécessaires — mais les observe avec une fascination mêlée d’envie secrète pour leur certitude. Il veut écrire mais doute que l’écriture puisse sauver quoi que ce soit. Son mécanisme de défense principal est l’intellectualisation massive : il transforme ses crises en analyses philosophiques, tient un journal comme tentative de nommer — et donc de maîtriser — ce qui lui arrive.

Peur fondamentale

La dissolution de soi : perdre les frontières entre lui et le monde des choses, être « absorbé » par l’existence informe et visqueuse. C’est cette peur qui donne son nom au roman — la nausée n’est pas une métaphore : c’est une expérience physique réelle, déclenchée par le contact avec la matière brute du monde.

Arc de personnage

Roquentin passe de l’inquiétude diffuse à la révélation terrifiante — la scène du marronnier dans le jardin public — puis à une forme d’acceptation sereine. C’est un arc de conversion existentielle : de la nausée comme maladie à la nausée comme lucidité fondatrice. À la fin, il envisage d’écrire un livre de fiction — non pour se raconter, mais pour créer quelque chose de nécessaire dans un monde sans nécessité.

Rôle narratif & fonction dans l’œuvre

Roquentin est à la fois le protagoniste, le narrateur et le foyer de conscience unique de La Nausée. Le roman est intégralement son journal intime — le lecteur n’accède au monde que par ses yeux, ses perceptions, ses interprétations. Ce dispositif narratif est fondamental : il n’existe pas de vérité extérieure à Roquentin dans le roman.

Héros et anti-héros simultanément

Héros : il accomplit un parcours de transformation intérieure et parvient à une forme de lucidité libératrice. Anti-héros : il n’accomplit rien d’héroïque au sens traditionnel, ne sauve personne, n’aime personne durablement, abandonne son travail scientifique. Il est surtout le double de l’auteur — Sartre lui prête ses propres interrogations philosophiques, son séjour au Havre transposé en Bouville, sa relation avec Simone de Beauvoir transposée avec Anny.

Le paradoxe du journal

Le récit est entièrement raconté à la première personne, sous forme de journal daté. Ce choix crée une intimité maximale avec le lecteur tout en instaurant une ironie structurale : Roquentin doute de la valeur des mots pour dire l’expérience — et pourtant il écrit. C’est cette tension qui donne au roman sa cohérence philosophique.

Rapport aux personnages secondaires

L’Autodidacte est son double inversé : il croit en l’Humanisme et dans la puissance du savoir accumulé — là où Roquentin a cessé de croire en quoi que ce soit. Son humiliation finale illustre la faillite de l’idéalisme naïf. Le Marquis de Rollebon, personnage historique que Roquentin finit par abandonner, est la métaphore de l’impossibilité de saisir le passé — et de l’illusion du projet biographique comme donneur de sens.

Chronologie du personnage dans l’œuvre

Les événements se déroulent en janvier-février 1932, à Bouville. Le journal commence sans date précise et s’achève sur une décision.

Avant Bouville Les années de voyage. Roquentin évoque des séjours en Indochine, en Afrique centrale, en Europe centrale. Ce passé d’aventurier contraste radicalement avec sa stase actuelle.
Début du journal — Bouville Les premiers signes. Une poignée de porte, un siège de tramway, un verre de bière : des objets familiers commencent à lui paraître étranges, à révéler leur être brut au-delà de leur utilité. L’inquiétude diffuse s’installe.
Scène du miroir La dépersonnalisation. Roquentin observe son propre visage et ne se reconnaît pas. Son corps lui apparaît comme une chose parmi les autres — molle, contingente, sans nécessité.
Milieu du roman — Paris La rencontre avec Anny. Il quitte Bouville pour retrouver son ancienne maîtresse à Paris. La rencontre est une déception double : Anny a traversé sa propre désillusion. Ils ne se retrouvent pas — ils se reconnaissent comme deux naufragés de l’idéal. Retour à Bouville, symboliquement vide.
Abandon de Rollebon La fin de l’illusion historique. Roquentin comprend que l’historien projette du sens là où il n’y a que contingence brute. Il abandonne sa biographie du Marquis de Rollebon — et avec elle, la dernière illusion d’un projet de vie.
Le jardin public — scène centrale La révélation de la contingence. Face à la racine d’un marronnier, Roquentin comprend que l’existence est nue, sans justification, sans essence préalable. C’est le moment culminant du roman — et le fondement de toute la philosophie sartrienne à venir.
Fin du journal — Bouville La décision d’écrire. Roquentin entend un disque de jazz et entrevoit une sortie possible : créer quelque chose de nécessaire dans un monde contingent. Il décide de quitter Bouville et d’écrire un roman. La nausée ne disparaît pas — mais elle devient une lucidité habitable.

Contexte social & historique

Le roman se situe en janvier-février 1932, dans l’entre-deux-guerres. La France traverse une crise économique — la Grande Dépression a atteint l’Europe —, une montée des extrémismes politiques, et une profonde remise en question des valeurs bourgeoises.

La condition matérielle de l’errance

Roquentin appartient à la bourgeoisie intellectuelle. Il bénéficie de rentes privées — jamais explicitées — qui lui permettent de vivre sans emploi. Cette indépendance financière est la condition matérielle de son errance existentielle : il n’a pas à travailler pour survivre, ce qui lui laisse un temps illimité pour penser et souffrir.

Bouville — la ville de la boue

Bouville (Le Havre fictionnel) est une ville portuaire industrielle du nord de la France. Le nom est un choix significatif : « Ville de la boue ». L’ambiance provinciale, bourgeoise et commémorative — le musée avec ses portraits de notables — y est oppressante. Sartre y enseignait au lycée François Ier de 1931 à 1936, y développant les intuitions philosophiques qui deviendront L’Être et le Néant.

Un personnage hors des institutions

Roquentin transgresse les normes bourgeoises par son mode de vie solitaire, son refus du travail salarié, son célibat assumé et son refus de se raconter des histoires rassurantes. Il est athée et anticlérical de fait. Les institutions — musée, bibliothèque, mairie — lui apparaissent comme des monuments à l’inauthenticité collective. Il incarne ce que Sartre appellera plus tard la « mauvaise foi » de ses contemporains — mais en négatif : Roquentin refuse la mauvaise foi, et c’est précisément cette honnêteté radicale qui le rend malade.

Les mots de Roquentin

De trop, le marronnier, là en face de moi, un peu sur ma gauche. De trop, le Velleda. Et moi — veule, alangui, obscène, digérant, ballottant de mornes pensées — moi aussi j’étais de trop.

— Antoine Roquentin, La Nausée (scène du jardin public)
Quand je me regardais dans les glaces, j’avais du mal à comprendre ce que je voyais là. Ce n’était pas un visage que j’avais devant moi. Ça existait, ça avait son propre poids, c’était simplement là. — Antoine Roquentin, La Nausée (scène du miroir)
L’existence précède l’essence — voilà le vrai scandale. Rien ne m’a été promis. Je suis jeté dans ce monde sans mode d’emploi. Ma liberté est tout ce que j’ai. Et c’est un fardeau absolu. — Paraphrase sartrienne de la pensée de Roquentin, La Nausée

Le lexique existentiel de Roquentin

Les mots qui reviennent comme des obsessions dans son journal : exister, être, de trop, contingent, absurde. Sartre souhaitait que le roman soit lisible par tous — il a intentionnellement évité le jargon philosophique, préférant laisser les concepts émerger de l’expérience sensorielle. La philosophie naît ici de la chair avant de naître de la pensée.

Relations & vie intime

  • Anny Ancienne maîtresse anglaise, unique figure d’attachement affectif dans le roman. Leur rencontre à Paris est une déception double : Anny aussi a traversé sa désillusion et renoncé à ses idéaux des « moments parfaits ». Ils ne se retrouvent pas — ils se reconnaissent comme deux naufragés de l’idéal. Elle est moins une présence qu’un miroir de son propre effondrement.
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    L’Autodidacte Rencontré régulièrement à la bibliothèque. Double inversé de Roquentin — il croit en l’Humanisme et dans la puissance du savoir accumulé. Roquentin l’observe avec une curiosité mêlée de condescendance affectueuse. Son humiliation finale (chassé de la bibliothèque pour attouchements) illustre la faillite de l’idéalisme naïf.
  • Le Marquis de Rollebon Personnage historique — sujet de la biographie abandonnée. Incarnation de l’illusion que l’histoire donne du sens au passé. L’abandonner est l’acte de rupture central du roman : Roquentin renonce à chercher une nécessité rétrospective.
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    Françoise (patronne du café) Relation physique occasionnelle, sans affect déclaré. La sexualité chez Roquentin est associée à la contingence du corps — à ce « trop de chair » qui participe de l’existence visqueuse qu’il cherche à fuir.

Roquentin refuse toute appartenance — ni groupe politique, ni cercle intellectuel, ni communauté. Aucune famille n’est mentionnée dans le roman. Cette absence totale d’attache est à la fois sa liberté et sa malédiction : il est radicalement libre, radicalement seul.

Sartre & son personnage

Roquentin est le double le plus transparent que Sartre ait jamais créé. Comme Sartre, il est intellectuel, provincial malgré lui, isolé, engagé dans une démarche philosophique solitaire. Sartre a déclaré dans Les Mots (1964) et dans de nombreuses interviews que La Nausée était né de ses expériences au Havre, de son ennui, de ses crises de dépersonnalisation, et de sa rupture avec les illusions de l’enfance bourgeoise.

Genèse & titres de travail

Le roman a eu plusieurs titres de travail — Melancholia en référence à la gravure de Dürer — avant d’être rebaptisé La Nausée sur suggestion de Gaston Gallimard. Les brouillons montrent un personnage plus proche d’un journal purement philosophique. Sartre a progressivement enrichi la dimension narrative et les interactions sociales, équilibrant l’essai et le roman.

La rupture d’après-guerre

Sartre a pris ses distances avec Roquentin après la guerre : il lui reprochait son individualisme, son refus de l’engagement politique. Il précise dans une interview au Monde que Roquentin pense comme lui pensait à 28–30 ans, mais est moins politisé et plus passif. Roquentin est le Sartre « d’avant » — avant la prise de conscience que la liberté individuelle implique la responsabilité collective.

Les héritiers de Roquentin dans l’œuvre de Sartre

Mathieu Delarue, dans Les Chemins de la liberté (1945–1949), est son héritier direct — même solitude, même lucidité, mais confronté cette fois à des choix politiques. Oreste dans Les Mouches (1943) incarne la même liberté radicale, mais engagée dans l’action.

Réception & postérité

La Nausée paraît en 1938 chez Gallimard et reçoit un accueil favorable dans les milieux intellectuels. Albert Camus — alors jeune journaliste — en rend compte avec enthousiasme. Le roman est inclus dans la liste du Grand Prix des meilleurs romans du demi-siècle en 1950.

Une réception mouvante

Dans les années 1940–1950, La Nausée est lue comme le manifeste de l’existentialisme et Roquentin comme l’homme existentialiste par excellence. Dans les années 1960–1970, les structuralistes s’intéressent davantage à sa forme — journal intime, autoréflexivité — qu’à son contenu philosophique. Depuis les années 1980, les études féministes ont noté l’absence quasi totale des femmes comme sujets dans le roman : Anny est surtout un miroir pour Roquentin.

Figure archétypale

Roquentin est devenu une figure archétypale de l’intellectuel existentialiste, au même titre que Meursault de Camus ou Raskolnikov de Dostoïevski. Son nom est synonyme d’angoisse existentielle dans le discours culturel francophone. La « nausée » comme métaphore est passée dans le langage courant, bien au-delà des cercles littéraires.

Adaptations

Le roman a été adapté au théâtre à plusieurs reprises en France. Il n’existe pas d’adaptation cinématographique majeure — le caractère profondément intérieur du texte rend la transposition difficile. Des lectures radiophoniques et des performances scéniques ont été créées pour les anniversaires de Sartre.

Dimension symbolique & allégorique

Roquentin symbolise la conscience humaine confrontée à la contingence radicale de l’existence. Il incarne l’homme moderne qui a perdu Dieu — et donc toute garantie de nécessité ou de sens — mais qui n’a pas encore trouvé comment vivre avec cette perte.

L’allégorie existentialiste

Roquentin est l’allégorie du sujet existentialiste par excellence — celui qui découvre que l’existence précède l’essence, que rien ne justifie son être dans le monde. Sa question fondamentale : Que signifie exister sans raison d’être ? Sa réponse provisoire — l’art comme création de nécessité — préfigure l’éthique sartrienne de l’engagement.

Archétypes & résonances mythiques

Roquentin est une figure de l’Ombre jungienne — il incarne les aspects refoulés de la modernité bourgeoise : le doute, l’angoisse, le refus des certitudes consolantes. Il entretient des résonances avec Jonas (l’engloutissement dans l’être informe), avec Adam après la Chute (conscience nouvelle, perte du paradis de l’inconscience), et avec le Sisyphe que Camus développera parallèlement.

Rapport au temps, à la liberté

Roquentin ne peut plus raconter le passé (abandon de Rollebon) ni se projeter dans l’avenir. Il est prisonnier d’un présent perpétuel, visqueux, qui ne passe pas. La liberté, chez lui, est encore vécue comme un fardeau avant d’être reconnue comme un horizon. Ce qui rendra possible, à la toute dernière page du roman, le saut vers la création — vers une existence enfin choisie.

Personnages frères & opposés

Roquentin s’inscrit dans la lignée des narrateurs du roman intérieur européen, depuis les Carnets du sous-sol de Dostoïevski (1864) jusqu’au monologue intérieur joycien.

Meursault L’Étranger, Camus (1942)

Même indifférence apparente au monde social, même étrangeté. Mais Meursault est passif là où Roquentin est hyperconscient. Meursault ne pense pas — Roquentin ne peut s’arrêter de penser.

Raskolnikov Crime et Châtiment, Dostoïevski (1866)

Même isolement intellectuel, même mépris de la société, même crise identitaire. Mais Raskolnikov passe à l’acte criminel — là où Roquentin reste dans la contemplation.

Gregor Samsa La Métamorphose, Kafka (1915)

Même étrangeté radicale à soi-même et au monde. Mais chez Kafka la métamorphose est externe et physique — chez Sartre, elle est purement intérieure.

Oblomov Gontcharov (1859)

Même incapacité à agir, même passivité. Mais Oblomov est comique et social — Roquentin est tragique et solitaire.

L’Autodidacte La Nausée (personnage interne)

Opposition directe dans le roman : croyance naïve en l’Humanisme contre lucidité nihiliste. Le reflet inversé de Roquentin, et sa défaite annoncée.

Swann À la recherche du temps perdu, Proust

Même sensibilité exacerbée, même inadaptation sociale. Mais Swann trouve sa rédemption dans l’art esthétique — Roquentin, dans la création littéraire à venir.

Carte littéraire — Les lieux de Roquentin

Deux types de lieux structurent la géographie de La Nausée : Bouville, ville fictive clairement inspirée du Havre, et Paris, ville réelle où se déroule la rencontre avec Anny. Les lieux entièrement fictifs (adresses internes à Bouville) sont signalés comme tels.

  • Bouville — Ville fictive inspirée du Havre Lieu de vie principal de Roquentin tout au long du roman. Ville portuaire industrielle du nord de la France, froide et pluvieuse, dont le nom signifie « Ville de la boue ». C’est ici que se déroulent les crises de nausée, la scène du jardin public, la fréquentation de la bibliothèque et du café. Sartre y enseignait au lycée François Ier de 1931 à 1936.
  • Paris Ville réelle où Roquentin retrouve Anny au milieu du roman — seule rupture géographique du journal. La rencontre se solde par une désillusion mutuelle et un retour à Bouville symboliquement vide.