Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski naît à Moscou le 11 novembre 1821, second fils de Mikhaïl Andreïevitch Dostoïevski, médecin militaire à l’hôpital des Indigents, et de Maria Fiodorovna Netchaïev. Il grandit dans la maison familiale située dans l’enceinte de l’hôpital des pauvres de Mariinsky, quartier populaire à la périphérie de Moscou. Enfant, il joue dans les jardins de l’hôpital où il croise les patients les plus démunis — première rencontre avec la misère et la souffrance humaines, qui nourrira toute son œuvre.
Son éducation est précoce et littéraire : à trois ans, sa nourrice lui conte des sagas héroïques ; à quatre ans, sa mère lui apprend à lire sur la Bible. Ses parents l’introduisent à Pouchkine, Gogol, Schiller, Goethe, Victor Hugo. Son père, alcoolique et sévère, fait néanmoins régner une atmosphère oppressante. En 1837, la mère de Fiodor meurt de tuberculose — il n’a que seize ans. Contre le gré de ses fils, le père les envoie à l’École d’ingénieurs militaires de Saint-Pétersbourg. Mikhaïl Dostoïevski meurt brutalement en 1839, peut-être tué par ses serfs selon une rumeur familiale — événement traumatique qui, selon Freud, serait à l’origine de ses crises d’épilepsie.
À l’École, Dostoïevski est taciturne, solitaire, méprisé et pourtant respecté pour son caractère. En 1842, nommé sous-lieutenant, il travaille comme dessinateur — emploi qu’il déteste. Sa première publication, une traduction d’Eugénie Grandet de Balzac, paraît en 1843. L’appel de la littérature est irrésistible.